Chemin du souvenir

Le Centre d’Interprétation Touristique de Boncelles et son musée historique (actuellement en cours de construction) sont des initiatives de l’asbl « La Tour d’Air » et de son président fondateur Mr Sergeï Alexandroff.

   Outre son caractère historique et sa volonté de préserver les derniers vestiges militaires liés à l’ancien Fort de Boncelles, le centre se destine également à devenir un pôle didactique et pédagogique ouvert à tous.

   Il se fixe comme missions non seulement de défendre la «mémoire collective» mais aussi de jouer un rôle au « présent » par la création d’espaces d’expressions contemporaines et par un soutien au tourisme et aux loisirs dans la ville de Seraing dont Boncelles fait partie.

   Pour son projet de Centre d’Interprétation Touristique l’asbl bénéficie d’un subside de la Région Wallonne.

   Elle entretient des contacts étroits avec la Défense Nationale

et le Musée du Cinquantenaire à Bruxelles.

   En liaison avec cette initiative, un projet de circuit « découverte »

du patrimoine militaire de Boncelles a été développé dans le cadre de ce travail.

   Il comporte deux parties :

- un projet d’itinéraire (plan et descriptif du parcours),

- un projet de panneaux explicatifs (à installer au niveau des sites à découvrir),


 

                                                    Circuit "découverte"


   Ce circuit pédestre invite le visiteur à découvrir les principaux sites du patrimoine militaire de Boncelles, sur le territoire de la ville de Seraing.

  Il est conçu en boucle sur une distance de ± 6 km au départ du Centre d’Interprétation Touristique de Boncelles.

  Il est complété de deux parcours « aller-retour » en option respectivement de ± 2,5 et ± 1 km.

  En grande partie, le circuit « découverte » emprunte un itinéraire « Ravel ».

 

  Lieu de départ : Centre d’Interprétation Touristique de Boncelles (en construction):

    rue Commandant Charlier, face au n° 92.

  Longueur du circuit en boucle : ± 6 km.

  Option 1 (aller-retour) : ± 2,5 km.

  Option 2 (aller-retour) : ± 1 km.


 En tournant le dos au Centre d’Interprétation Touristique de Boncelles

empruntez sur la gauche la rue « Voisinage de la tour » ;

après une centaine de mètres, vous découvrez la Tour d’air entre les habitations (face au n° 9).

La tour d'air se trouve au milieu des champs à 200 mètres environ du Fort de Boncelles,

entre son fossé latéral droit et le Bois de la Marchandise.

 

 Revenez sur vos pas.

Face au Centre d’Interprétation Touristique de Boncelles.

Vous apercevez l’Esplanade des blindés.

 

   Empruntez à droite la rue du Commandant Charlier.

Cette route vous conduit à la Poterne d’entrée du Fort de Boncelles (face au n° 78). 

La poterne d’entrée se situe en contrebas de la rue.  

On y accède par une rampe pavée d’environ 200 m bordée de deux talus abrupts.


 

 

  Poursuivez votre route jusqu’au carrefour

où se trouve le Monument aux morts du Fort de Boncelles.


 

  Toujours dans la rue du Commandant Charlier,

après ± 400 mètres, tournez à gauche pour emprunter la rue d’Ougrée.

Après ± 500 m, tournez à droite

et suivez le Ravel (face au n° 85) dans la direction « Boncelles ».


 

  Après ± 250 mètres, traversez le petit carrefour

pour poursuivre votre route sur le Ravel.

Après avoir traversé le petit pont,

vous découvrez à droite l’abri BE 1 en lisière du bosquet de peupliers.

 

 

  Sur votre gauche à ± 100 mètres dans la prairie vous trouvez l’abri BE 2


 

 

Le Ravel débouche sur la N 663 (rue Nicolas Fossoul).


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 Départ de l’option n° 1 : tournez à gauche vers le Cimetière Militaire de Boncelles et les abris BE 3, 4 et 5 ; description voir : « Option 1 »

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Pour poursuivre le parcours en boucle,

traversez la N 663 et continuez sur le Ravel

en direction de « Boncelles centre ».

Le Ravel aboutit rue de l’Eglise.

Tournez à gauche.

Poursuivez par l’avenue du Gerbier

qui vous mènera devant la « Mairie de Quartier ».

Sur la façade on peut découvrir

les 3 stèles aux morts des deux guerres.

 


  Tournez à droite et prenez la rue de Solvay.

Après ± 100 mètres tournez à droite à nouveau et empruntez le Ravel dans la direction << Chatqueue/Air Pur >>.

( Photo Google )


 

  Au bout du Ravel, tournez à gauche dans la rue de Fraigneux.

 Après ± 50 mètres entrez dans le cimetière à gauche.

 -A 20 m à gauche << Tombe des civils fusillés >>

 -A 20 m tout droit, côté gauche, << Boncelles à ses héros >>

 ( Photo Google )

 

 

Face au cimetière prenez la rue de Lorraine direction « Chatqueue ».

Au bout de la rue de Lorraine, tournez à gauche dans la rue des Messes.

Traversez le carrefour pour continuer tout droit dans la rue du Moulin, direction << Chatqueue >>.

Bifurquez vers la droite pour reprendre le Ravel et entrer dans le Bois de la Marchandise.

Après ± 500 mètres, vous distinguez à nouveau la Tour d’air à droite entre les arbres.

 


 

Prenez à gauche le sentier de terre qui descend en forte pente.

 

 


 Allez jusqu’au ruisseau que vous longerez en tournant à droite.

Traversez le ruisseau à gué et longez-le.

Après ± 300 mètres, retraversez le ruisseau

pour prendre le sentier pentu qui remonte vers la gauche.

A 200 mètres à droite, vous trouvez l’abri FB 3

 


 Tournez à droite au carrefour en T.

On passe à l’arrière de l’abri FB 3.

Vous retrouvez alors le Ravel que vous empruntez vers la gauche.

Vous arrivez à un croisement de deux parcours Ravel.


 

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Départ de l’option n° 2 : tournez à gauche vers le Central Téléphonique 35 ; description dans « Option 2»

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Pour continuer le parcours en boucle, tournez à droite à ce croisement.

Au bout du Ravel, vous retrouvez la rue du Commandant Charlier que vous empruntez par la droite.

Face au n° 106, vous pouvez revoir au loin la Tour d’air

 

 

 

  Vous terminez le parcours à l’Esplanade des blindés

 

 

 

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 Option n° 1 :

 

Continuez sur la rue Nicolas Fossoul.

Après ± 200 mètres, vous longez le Cimetière Militaire de Boncelles

 

 

 

 Tournez à gauche à ± 200 mètres et prenez la rue Robiet.

Allez tout droit.

A l’angle droit, quittez la route pour prendre le sentier à droite

qui longe la dernière maison.

Après ± 250 mètres, on aperçoit à gauche dans le bois l’abri BE 3

 

 

 

  et après une distance identique, l’abri BE 5

 

 

  

 

 

et ensuite l’abri BE 6

 

 

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  Option n° 2 :

 

 

Prendre le Ravel à gauche.

Après ± 500 mètres,

vous trouvez à droite le Central Téléphonique Fortifié 35

                                                                            La tour d'air                                                   

   Actuellement, projet de création d'un musée historique dont le but sera de sauver les derniers vestiges militaires situés sur la Commune de Seraing et liés à l'ancien Fort de Boncelles et de créer des espaces d'expressions.

   La tour d'air du Fort de Boncelles se trouve au milieu des champs entre le fossé latéral droit et le Bois de la Marchandise, à 200 mètres du fort.

   Rappelons que le rôle principal de cet ouvrage était de capter l'air frais destiné à l'aération de l'ensemble des locaux du fort.

   A l'intérieur de celui-ci, l'air était distribué au moyen de canalisations aboutissant dans chacun des locaux et était soufflé par un ventilateur installé dans le massif central.

   Cette installation, que l'on retrouve dans plusieurs anciens forts de 1914 réarmés en 1928/40, était destinée à pallier une des principales causes de la chute de ces forts en août 1914 : la faiblesse du système de ventilation rendait impossible l'évacuation des fumées dégagées par les tirs et provoquait de graves indispositions parmi les hommes (Flémalle, Lantin, Boncelles, Fléron, Embourg,... comme en témoigne le rapport du Général LEMAN publié par le commandant G. HAUTECLER en 1966).

   La surpression créée à l'intérieur des bâtiments par la puissance du ventilateur permettait, en théorie, l'évacuation des gaz de combustion dus aux différents tirs et empêchait l'entrée dans l'ouvrage d'éventuels gaz de combat.

   Cependant, dans certains locaux éloignés (par exemple au corps de garde de guerre) l'aération restait insuffisante et quelques cas d'asphyxie ont été signalés.

   Nous nous attacherons, à partir d'ici, à décrire la tour dans son aspect actuel; elle est construite sur une casemate ou fortin rectangulaire (environ 7,20 x 10 mètres) faisant face au Bois de la Marchandise.

   L'accès à l'intérieur de la casemate est relativement aisé grâce à l'ouverture pratiquée (et rebouchée à de nombreuses reprises depuis la fin de la guerre par le fermier exploitant les prairies) à la place de la porte d'entrée blindée aujourd'hui disparue.

   Ce trou donne accès à un premier sas dont la seconde porte blindée existe encore et est bloquée, par la rouille, en position de demi-ouverture.

   Après avoir enjambé la partie fixe de cette porte, on entre dans un second sus, couloir long de 3,70 mètres et large d'un mètre. Au fond de ce couloir, à droite, une porte métallique non blindée laisse un passage étroit.

   Face à cette porte on découvre l'intérieur circulaire de la tour, du rez-de-chaussée, deux perspectives se présentent, l'une vers le bas et l'autre vers le haut.

   A gauche on accède à une salle de repos et à doite à deux coffres pour FM également équipés de trous lance-grenades.

   Le puits, du fond duquel part le tunnel qui relie la tour au saillant III du fort, est sous eau.

   Par temps de fortes pluies prolongées le niveau de l'eau remonte jusqu'à un mètre et demi ou deux du niveau du sol.

   Les trois ou quatre volées d'escaliers métalliques donnant accès au tunnel ont disparu, rongées par la rouille.

   Vers le haut, la première volée d'escaliers est en partie détruite mais est encore suffisamment solide pour pouvoir supporter le poids d'un homme en toute sécurité car la rampe est solidement fixée au mur.

   Cet obstacle franchi, on se retrouve sur un petit palier métallique en forme de demi-lune, puis sans plus aucune difficulté, les deux volées suivantes sont escaladées.

   Le troisième étage est celui de la porte donnant à l'air libre, à l'extérieur de la tour à quelque 6 mètres de haut.

   Cette porte est touchée d'impacts de différents diamètres et de différentes formes, c'est également le niveau des premières destructions importantes opérées par l'artillerie allemande sur cet ouvrage.

   On notera spécialement un impact d'obus, dont le diamètre est environ 110 mm, dans le chambranle gauche (vu de l'intérieur), celui-ci est percé de part en part à peu près à mi-hauteur.

   Cet obus, ou un autre, a atteint un des 10 échelons scellés dans le mur et permettant l'accès au niveau supérieur de la tour. La porte est à deux battants et n'est pas blindée, elle est constituée de deux simples tôles de 1 mm d'épaisseur et une de celles-ci est pliée à angle droit vers l'intérieur obligeant le visiteur à enjamber un vide de près de 2 mètres pour rejoindre l'autre côté du palier.

   Ce palier, en forme de U, permet d'accéder aux échelons, ce dernier obstacle franchi, on débouche, par une trappe rectangulaire (64 X 78 cm) dont la taque a disparu, au niveau supérieur de la tour.

   C'est un plancher bétonné circulaire dont le centre est occupé par les restes d'un appareillage qui filtrait l'air capté au dessus du sommet du "champignon" au moyen d'un manchon télescopique en cuir souple. (1)

(1) appareil de filtration : c'est une hypothèse basée sur des documents d'origine allemande (Denkschrift-Belgien, voir figure 1) mais il pourrait s'agir plus simplement du socle de la tubulure télescopique et de son mécanisme de montée et de descente.

   La captation d'air par ce canal ne devait être utilisée qu'en cas d'attaque par des gaz de combat dont la nappe aurait dépassé le niveau de la porte ménagée à l'étage inférieur.

   Dans cette éventualité, la porte était fermée hermétiquement (les joints en caoutchouc sont encore visibles).

   Le manchon et le filtre étaient protégés par un tube en fer reliant la base du filtre à l'ouverture circulaire du sommet, cet ensemble avait un diamètre d'un mètre.

   Entre la paroi du "champignon" et l'appareil de filtration il reste la place pour un chemin circulaire, le long de sa circonférence extérieure sont disposés alternativement 6 embrasures pour FM et 6 blocs équipés de trous lance-grenades et d'ouvertures pour un phare.

    Cependant ce qui retient directement et spontanément l'attention lorsqu'on se situe à cet étage, c'est l'ampleur des dégâts qui, d'est en ouest soulignent l'acharnement des assaillants mais surtout le courage des défenseurs de la tour.

   Du 10 au 15 mai 1940, ils étaient huit, commandés par le maréchal des logis Delcommune, à subir les coups des obus de 88 et de 37 mm tirés par les Allemands.

   Le premier regard est pour la grande ouverture de 2 x 2 m pratiquée vers le saillant III, barrée par de nombreux ronds à béton mis à nu, puis on remarque le second perçage diamétralement opposé au premier et de dimensions plus modestes, environ 80 x 80 cm.

   Ces deux perçages ont dégagé deux plaques blindées d'embrasure et on y observe, sur celle côté fort deux impacts d'une netteté remarquable d'obus de 88 mm, sur l'autre un impact dont le diamètre est 110 mm.

   Ces deux plaques, épaisses de 40 mm, sont percées et prouvent de manière irréfutable que les Allemands tirèrent avec des pièces d'artillerie de 88 mm (et peut-être aussi de calibre supérieur ?).

   Cependant on peut penser que les tirs de 88 mm n'ont été effectués qu'après l'évacuation de ce poste car il n'y eut aucun tué ni blessé à déplorer dans l'équipe du MDL Delcommune.

   Deux embrasures pour FM et un bloc lance-grenades sont complètement détruites et, au centre, l'appareil de filtration est criblé de trous de projectiles divers, de plus sa partie centrale est déchiquetée, outre cet appareil d'un mètre de haut, il subsiste deux épaisses tôles demi-circulaires qui  prolongeaient le filtre.

   Celles-ci sont également criblées de trous.

   Sur le sol on remarque trois volants chassés dans le béton et destinés à manoeuvrer l'ouverture et la fermeture des deux battants de la porte de l'étage du dessous.

   De par sa position, la tour avait une fonction de protection du vaste terrain découvert situé entre le fort et le Bois de la Marchandise mais sa seconde mission en importance était de servir de poste d'observation.

   Par les six embrasures on découvre un vaste panorama.

   Au dessus du Bois de la Marchandise on aperçoit à l'ouest, le sommet du building de 24 étages situé à l'Air Pur, les Biens Communaux de Seraing et le clocher de l'église de la place Merlot (nord-ouest), au delà, la vue s'étend sur les hauteurs de la rive gauche de la Meuse.

   Au nord, on voit nettement l'autoroute qui relie Seraing à Bierset et les terrils des hauteurs de Jemeppe et Saint Nicolas.

   A l'extrême gauche on devine les hauteurs de Flémalle et derrière les sommets des arbres de la Chatqueue les bâtiments de Ferblatil.

   De l'embrasure suivante, au delà des prairies et de la ferme Lobet (ex ferme Chèvremont) le terril Cockerill masque toute vue vers la vallée de la Meuse à Sclessin qui était visible en 1940.

   A la troisième embrasure, les dégâts considérables permettent d'embrasser un large panorama qui s'étend du terril jusqu'à la rue du Tige Blanc et même au delà jusqu'au bois de la Vecquée.

   On aperçoit successivement d'est au sud la chaufferie de l'Université, le Bois Saint Jean, la tour du Bol d'Air, les glacis et le massif central du fort.

   Par les dernières embrasures du sud au nord-ouest, l'observateur découvre l'orée du Bois de la Vecquée et la ligne de la rue Damry, pratiquement jusqu'à la route de Plainevaux à Seraing malgré une avancée, en avant plan, du Bois de la Marchandise.

   Aujourd'hui l'observation du terrain est grandement facilitée par le trou béant pratiqué dans le champignon à travers lequel on embrasse une large vue de 180 degrés allant de la Chatqueue à la rue Damry au lieu-dit les Frehisses.

   Mais, en 1940, les circonstances étaient différentes, la mission du personnel affecté à ce poste était plus pénible car il devait se contenter des six petites embrasures de 10 x 14 cm au travers desquelles le vent soufflait comme chassé par une tuyère.

   De plus, le champ de vision était rétréci par le retrait de l'embrasure par rapport au mur et l'emploi de jumelles devait être très malaisé sinon impossible.


   Source Rodolphe Massuy


                                               Esplanade des blindés

  Sur cet espace, en construction depuis plusieurs années, de nombreux blindés sont exposés depuis 2010. Au fil du temps d'autres viendont s'y ajouter.

  Pour l'instant un Léopard , un Guépard , un JPK , un Patton et un BDX sont en place. Un Sherman s'y trouve le temps de terminer sa restauration, ensuite il posera fièrement devant le musée lorsque le chantier sera terminé. Il fera office d'emblème de la libération de Boncelles.

                                               Monument aux morts

Monument aux morts                                     Inauguration du monument                                            

situé à 100m de l'entrée du fort                      Le 14 mai 1950 

sur lequel on peut lire                                   


                                   " ME RENDRE ? JAMAIS ! "                           Document Michel Viatour

 

 


                                          Le Commandant Numa Charlier

Numa Charlier fut le seul commandant du fort réarmé de Boncelles, d’août 1928 au 16 mai 1940.

Avant d’en brosser un portrait, retraçons brièvement les principales étapes de sa carrière. Il naquit à Schaerbeek le 27 juin 1893. Il fit ses études secondaires à l’Athénée Royal de Bouillon, et en sortit avec un diplôme d’humanités modernes.

Postier dans le civil, engagé volontaire et incorporé au Centre d’Instruction de l’Artillerie le 12 juillet 1915, il termina la guerre comme sous-lieutenant auxiliaire d’artillerie au 11A ; il avait été nommé à ce grade le 11 septembre 1918.

Les années de front lui avaient révélé sa vocation profonde ; aussi après l’Armistice, décida-t-il de poursuivre sa carrière militaire. Il fut d’abord détaché au Service Provincial de Récupération de la Flandre Occidentale. En 1920, il fut nommé au grade de lieutenant.

Il réintégra le 11A en mars 1923, fut muté au 10A puis, en décembre, entra à l’Ecole Militaire à la 84ème promotion Artillerie et Génie. Il en sortit en 1928, ingénieur militaire.

Numa Charlier rejoignit alors le RFL le 10 août 1928 et prit le commandement du fort de Boncelles. Pour terminer cette brève énumération biographique, signalons qu’il fut nommé capitaine le 26 décembre 1929 et commandant le 26 septembre 1935. En 1937, pour raisons familiales, il renonça à l’avancement.

Qui était donc cet homme ? C’était un chef captivant qui savait entraîner ses subordonnés mais, pour que le courant de sympathie respectueuse passe, il fallait avoir vaincu l’impression glaciale du premier contact, souvent désastreux !

Le général Roger Gheysen, alors capitaine à l’Etat-major général de l’Armée, le décrit comme suit

“Parlant peu, d’allure modeste et réservée, Charlier ne révélait que petit à petit une forte personnalité, calme, volontaire et très équilibrée. Je ne tardai pas à le considérer comme un des meilleurs commandants de fort, comme le meilleur informateur et le conseiller le plus judicieux dans l’examen et la solution des nombreux petits problèmes qui, au cours de mes visites, m’étaient signalés par les différents commandants de fort.

Ses remarques éventuelles étaient exprimées comme des conseils amicaux, mais d’une manière très réservée et très ferme. Il créait une ambiance dans laquelle il était naturel que tout aille bien, il était sécurisant.”

Le 11 mai 1940, le jeune lieutenant Pierre Van Tiggelen du 1er Lanciers apportant un message au commandant Charlier fut impressionné

“Dans le fort, il régnait un tel ordre que, involontairement, j’ai pensé à un monastère dont il était le Père-Abbé !

Nous avons trouvé aux archives du CDH (farde Fort de Boncelles) un document anonyme qui synthétise la personnalité de Charlier : “. . . un coeur d’or que démentait un abord rude et une attitude froide (...) timide dans sa présentation mais résolu dans ses décisions et dans ses actes (...) Pour ses subalternes il était un père attentif...”

“Me rendre ? Jamais !

C’est ici que la légende rejoint l’histoire, légende créée après la guerre et basée sur la réflexion ; « Me rendre Jamais !» du commandant Charlier, un soir d’automne 1936 au fort, alors, qu’autour d’un verre, il commentait avec un groupe de sous-officiers la défense de l’Alcazar de Tolède (1).

Cette parole entra dans la légende de Boncelles après la guerre lorsqu’elle fut imprimée à la une du journal patriotique de Laurent Lombard, Coeurs Belges, et reprise par René Swinnen, ancien du fort et architecte du monument aux morts du fort, qui l’inscrivit sur le fronton en lettres de bronze.

Cependant, même sans en exagérer l’importance, elle est caractéristique de la volonté et de la résolution de Nuna Charlier face à un ennemi implacable, tout comme les assiégés de Tolède auxquels il faisait allusion.

 (1) L’épisode du siège de 1’Alcazar de Tolède se situe au début de la guerre civile espagnole ; cette citadelle était occupée par des Nationalistes (franquistes) commandés par le colonel José Moscardo (1878—1956) et elle fut assiégée pendant 71 jours par les Républicains. Après de sanglants combats, elle fut débloquée par les troupes franquistes du général José Enrique Valera (1891 1951) le 27 septembre 1936. Aujourd’hui encore cette citadelle reste un symbole pour les nostalgiques de l’ancien dictateur que fut le général Franco.


En premier lieu il fut enterré, simplement, dans le cimetière militaire de la rue Nicolas Fossoul.

Le 20 mai 1940, sous les ordres de l'occupant, il fut exhumé, eut droit à un digne enterrement où il reçu les honneurs des allemands avant de retrouver sa place dans le cimetière militaire.

 

Le 9 septembre de la même année il fut exhumé une nouvelle fois, à la demande de sa mère, Henriette Codroms , veuve de Joseph Charlier.

 

Il trouva une sépulture définitive dans le cimetière d’Etterbeek.

 

 Documents MRA et sources de Michel Viatour

                                    Les stèles aux morts des deux guerres

  

Ces stèles commémoratives sont scellées dans la façade de l’ancien Hôtel de Ville de Boncelles, avenue du Gerbier.

La stèle de gauche est érigée en souvenir des héros et victimes de la guerre 1940-1945.

La stèle centrale rappelle que le 6 août 1914, les envahisseurs ont fusillé à Boncelles quatre hommes et brûlé 32 maisons.

La stèle de droite rappelle le nom des héros de la commune tombés au champ d’honneur au cours de la guerre 1914-1918

ou décédés des suites de leurs blessures

 

 

                                 Cimetière militaire de la rue Nicolas Fossoul

Ce cimetière fut érigé à l'emplacement de la maison du Docteur Nicolas Fossoul.

Celle ci fut détruite car elle se trouvait dans l'axe des forts.

Pour rendre hommage aux soldats tombés au combat,

le docteur céda son terrain afin que ceux ci puissent y reposer.

La rue porte son nom en signe de gratitude.

 

 270 soldats, victimes des guerres de 1914-1918 et 1940-1945, y reposent.

 Entre le 5 et le 7 août 1914, 243 soldats perdirent la vie aux cours des combats

 qui se déroulèrent au Sart Tilman, au Bois Saint Jean et aux abords du fort de Boncelles.

 Ils sont enterrés ici avec d’autres victimes de la guerre 1940-1945.

 

  Le 17 mai 2011, les enfants de l’école fondamentale de Boncelles, encadrés par les membres locaux

 de la FNC (Fédération Nationale des Combattants), ont « parrainés » leurs tombes en les fleurissant.


Discours de Joseph Lamoureux à cette occasion :

   C’EST LE 2 AOUT 1914 QUE L’ALLEMAGNE DÉCLARE LA GUERRE A LA FRANCE.

   BIEN QU’AYANT FORMELLEMENT GARANTI l'INVIOLABILITÉ DE LA NEUTRALITÉ BELGE C’EST LE 3 AOUT QUE LE KAISER, GUILLAUME II ATTAQUE SAUVAGEMENT LA BELGIQUE.

   DES LE 4 AOUT, BONCELLES ÉTAIT LE THÉÂTRE DE COMBATS TRÈS MEURTRIERS, CE CIMETIÈRE MILITAIRE TÉMOIGNE DOULOUREUSEMENT DE CE QU’A ÉTÉ CETTE BATAILLE.

   L’ ARMÉE BELGE DONNA DÉJÀ UNE IRRÉFUTABLE PREUVE DE SA BRAVOURE, ET DE SON COURAGE EXEMPLAIRE.

   2 HEURES APRÈS LES BOIS DU SART-TILMAN GROUILLAIENT D’ALLEMANDS,

   POUR PASSER LIEGE, DES LE MATIN DU 4 AOUT, ÉTAIENT GROUPES 300.000 ALLEMANDS DONT 130 000 AVAIENT REÇU POUR MISSION, D’ENTERRER LES FORTS,

   LES ALLEMANDS PASSAIENT L’OURTHE A ESNEUX.

   CEUX-CI AVAIENT COMME OBJECTIF PRIORITAIRE DE PRENDRE INTACTS LES PONTS DE SERAING ET LE PONT D’OUGREE.

   DES LE 5 AOUT BONCELLES ÉTAIT LE THÉÂTRE DE COMBATS TRÈS MEURTRIERS.

   LA NUIT DU 5 AU 6 AOUT LES PREMIERS ENGAGEMENTS EURENT LIEU, AU LIEU DIT LES ROCRES, OU SE TROUVAIT UN POSTE D’OBSERVATION DU FORT DE BONCELLES,

   LE 6 AOUT, PEU APRÈS LE LEVER DU JOUR, ALLAIT COMMENCER LA TERRIBLE BATAILLE DU SART TILMAN, AVEC UN PETIT NOMBRE DE BELGES DU 9 ième DE LIGNE COMMANDE PAR LE MAJOR DONEUX, RENFORCE PAR 2 BATAILLONS DES CHASSEURS

   AU COUR DE LA NUIT DU 6 AOUT LE FORT DE BONCELLES REAGIT, AVEC UNE EXTREME VIOLENCE, AU MOYEN DE SES PIECES D’ARTILLERIES, POUR SOUTENIR LES BRAVES QUI SE BATTAIENT DUREMENT AU SART-TIILMAN ET PLUS PRES, AU BOIS SAINT JEAN.

   UNE QUINZAINE D’HOMMES FURENT TUES AUX ABORD DU FORT DE BONCELLES ENTRE LE 6 AOUT ET LE 7 AOUT,

   IL Y AURA 228 JEUNES SOLDATS TUES ET ENTERRES DANS CE CIMETIERE PAR MONSIEUR NICOLAS FOSSOUL,

   AU TOTAL IL Y AVAIT 243 JEUNES SOLDATS QUI PERDIRENT LA VIE SUR TROIS JOURS.

   LE CIMETIÈRE MILITAIRE, SITUE A BONCELLES, SOULIGNE UNE FOIS ENCORE QUE LES MILITAIRES BELGES FIRENT PREUVE DE BRAVOURE.

   C’EST DIRE QU’ILS MÉRITENT AMPLEMENT L’HOMMAGE QUI LEUR EST RENDU DEPUIS PLUS DE HUIT DÉCENNIES

Luisa

Merveilleux ce sentier pour une balade...

rigaux

génial rien d'autre à dire une bonne promenade avec à la clef rencontre de personnes qui vous raconte pleins de souvenirs et différentes histoire sur ces bunkers....

bastin julien

Très envie d'en connaitre plus et de participer a la réussite du projet ami de longue date

Christophe

Ayant été deux années 1986 et 1987 dans un JPK, je me doute qu'un jour je viendrai vous rendre visite. Si mes souvenirs sont bon, je pense que c'était le début des GUEPARDS avec les deux canons. Allez courage sa deviendra trop beau et merci pour ceux qui n’oublie pas le passage à l'armée.